Un rappel d’offres visant les travaux d’une spécialité assujettie peut être demandé par le maître de l’ouvrage ou par l’entrepreneur destinataire adjudicataire et autorisé par le BSDQ, dans les cas suivants :
Dans les cas mentionnés aux paragraphes a) et d) de l’alinéa précédent, si le rappel d’offres est demandé par l’entrepreneur destinataire adjudicataire, la demande doit être préalablement agréée par le maître de l’ouvrage.
Si plus d'une soumission a été déposée, aucun rappel d'offres n’est autorisé à la demande de l'entrepreneur destinataire adjudicataire au motif qu’une seule soumission conforme lui a été adressée.
Même si une seule soumission a été adressée à l'entrepreneur destinataire adjudicataire quant à une spécialité assujettie, si celui-ci en a pris possession et si plus d'une soumission a été déposée pour cette spécialité mais pour d’autres entrepreneurs destinataires, il n'est pas considéré, pour les fins de l'application du présent article et des articles I-2 et I-3 du présent Code, qu'il s'agit d'un cas de soumission unique. Néanmoins, dans ces circonstances, un rappel d’offres peut être autorisé à la demande de l’entrepreneur destinataire adjudicataire si les soumissions déposées qui ne lui sont pas adressées ne sont adressées qu’à un seul entrepreneur destinataire. L’entrepreneur destinataire adjudicataire doit démontrer, lors de sa demande, s’être prévalu des dispositions prévues à l’article J-7 du présent Code.
Même si une seule soumission regroupant plusieurs spécialités a été déposée tel que permis par les articles D-4 et D-4.1 du présent Code, aucun rappel d’offres n’est autorisé lorsque plus d’une soumission a été déposée pour chacune des spécialités visées par la soumission regroupant plusieurs spécialités.
Si plus d’une soumission regroupant plusieurs spécialités a été déposée tel que permis par les articles D-4 et D-4.1 du présent Code, un rappel d’offres peut être autorisé pour les seules spécialités quant auxquelles aucune ou une seule soumission a été déposée.
Le terme rappel d’offres signifie qu’un projet ou une de ses spécialités revient en soumission à la suite d’un premier dépôt effectué au BSDQ. Une demande de rappel d’offres peut être initiée par le maître de l’ouvrage ou par l’entrepreneur destinataire adjudicataire et doit être autorisée par le BSDQ. La demande doit être écrite et, selon le cas, être accompagnée d’explications, de documents, d’une autorisation ou d’une preuve de contrat.
Les circonstances permettant au BSDQ d’autoriser un rappel d’offres, prévues à l’article I-1, doivent exister pour qu’une ouverture de rappel d’offres soit possible. De leur côté, les articles I-2 et I-3 du Code permettent de déterminer s’il est possible pour tout soumissionnaire de déposer sur le rappel d’offres ou si uniquement les soumissionnaires initiaux le pourront.
Les raisons de retour en soumission ainsi que leurs exigences respectives :
Lorsque le maître de l’ouvrage ou les professionnels émettent des modifications aux documents de soumission initiaux :
Lorsqu’une soumission identifiée comme étant unique est déposée dans une spécialité :
Lorsqu’un entrepreneur destinataire n’a reçu qu’une seule soumission et que, malgré une demande J-7, il n’obtient pas les autres soumissions déposées :
Lorsque plusieurs soumissions ont été déposées dans une spécialité, mais qu’à la suite de retrait(s), il ne reste qu’une soumission de disponible :
Lorsqu’un entrepreneur destinataire se retrouve avec des soumissions distinctes regroupant plusieurs spécialités :
Lorsqu’une demande de prolongation de la période de validité des soumissions des entrepreneurs destinataires est exigée de façon écrite, par le maître de l’ouvrage :
Lorsque l'effet d'une loi, d'un décret ou d'un règlement gouvernemental indique que des soumissions en nombre insuffisant ont été déposées :
Si aucune des situations énumérées ci-dessus n’existe, le BSDQ ne peut autoriser un rappel d’offres. Il est à noter que le seul fait qu’un entrepreneur destinataire adjudicataire se retrouve avec une seule soumission conforme, ne représente pas une raison de retour en soumission.
Pour toutes situations autres que celles prévues au Code concernant une demande de retour en soumission, le BSDQ se réserve le droit d’enquêter, auprès du maître de l’ouvrage, s’il le juge opportun. L’essence même du Code de soumission ne doit pas être compromise afin d’autoriser un éventuel rappel d’offres. Pour justifier une telle démarche, cette demande doit préalablement avoir été formulée par écrit et contenir un maximum d’informations.
Il est à noter que l’utilisation du mot « peut » implique qu’un choix est offert à l’entrepreneur destinataire adjudicataire. S’il choisit de ne pas demander un rappel d’offres, il doit alors accorder les sous-contrats selon les règles du Code.
1. Association de la construction du Québec c. 9006-9311 Québec inc. (Devcor (1994)), 2023 QCCQ 3686
En l’espèce, même s’il y avait possibilité de procéder à un rappel d’offres en raison du fait que le donneur d’ouvrage a modifié les documents de soumission, cela n’a pas eu l’effet de remettre les parties en l’état et de repartir à zéro. En effet, les soumissions conformes déposées par les différents soumissionnaires ne devenaient pas de facto non conformes par le simple fait que les documents de soumission ont été modifiés. L’article I-5 aurait également pu être utilisé.
2. Gicleurs F.F. (1981) Ltée c. Marieville Construction Inc., C.P. St-Hyacinthe, no 750-02-000315-834, le 8 juin 1984
Le verbe « peut » ne doit pas s’interpréter comme étant le pouvoir ou non de respecter les règles; il s’agit de moyens d’action pour le donneur d’ordre dans les cas spécifiés et non pas un choix entre « respecter les règles » ou « négocier ».