Lorsqu'une soumission déposée n'a pas été acceptée dans le délai de six (6) mois de la date de clôture du dépôt des soumissions au BSDQ, les obligations découlant des règles du BSDQ ne s'appliquent pas et de nouvelles soumissions peuvent être demandées pour les mêmes travaux. Cependant, si un contrat d'entreprise générale est accordé avant l'expiration du délai prévu au début de cet article, la déchéance ne se produit qu'après un (1) an de la date de clôture du dépôt des soumissions au BSDQ si aucune d'elles n'a été acceptée.
Le terme déchéance est utilisé pour déterminer le moment à partir duquel les règles du Code de soumission ne sont plus applicables et que de nouvelles soumissions peuvent être déposées pour les mêmes travaux sans aucune restriction.
Pour les projets s’adressant directement à l’entrepreneur destinataire adjudicataire, plus communément appelé « en gérance », la déchéance est atteinte 6 mois suivant la clôture au BSDQ.
Le terme « acceptée » fait référence à l’entrepreneur destinataire qui manifeste son intention de conclure le contrat suivant la soumission déposée au BSDQ.
Lorsqu’il y a déchéance, cela ne signifie pas que les soumissions n’ont plus à être déposées au BSDQ. Si les conditions d’application prévues à B-2 sont de nouveau réunies, un nouveau projet doit être inscrit et les soumissions doivent être déposées par l’intermédiaire du BSDQ.
Maçonnerie Guy Rochefort inc. c. Pomerleau inc., 2018 QCCS 234 (confirmé en appel, 2020 QCCA 454)
Une soumission qui n’est pas acceptée dans un délai d’un an devient caduque selon les règles du Code. Toutefois, dans le cadre de l’écoulement de ce délai de déchéance, l’entrepreneur destinataire, comme toute personne, doit exécuter ses obligations de bonne foi, de façon raisonnable et sans intention de nuire à autrui. Il ne peut refuser un contrat à un soumissionnaire pour des considérations déraisonnables, ou par négligence ou malfaisance.
En l’espèce, la décision de ne pas accepter la soumission et d’attendre sa déchéance, était donc justifiable dans les circonstances, puisque l’entrepreneur destinataire avait des raisons de croire que la soumission reçue ne résultait pas d’un processus honnête et sérieux, ayant le sentiment d’avoir été piégé. Par ailleurs, l’entrepreneur destinataire n’a pas volontairement retardé les travaux de maçonnerie, ceux-ci n’étant prévus qu’au printemps suivant.